Etude choc : 50 % des Français de plus de 30 ans sont en surpoids !

Deux personnes en surpoids se promènent sur la plage, en 2008

Passer le cap de la trentaine, vous avez une chance sur deux pour que vous soyez en surpoids. Voici le terrible résultat de la cohorte Constances publiés récemment au Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de Santé publique France. En effet, 50 % des Français de plus de 30 ans est concernée par le fléau de l’obésité.

Menée par l’Inserm et la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts), cette cohorte, qui rassemble les données relatives à la santé de plus de 110.000 Français, a étudié celles de près de 29.000 participants, âgés de 30 à 69 ans. L’objectif : « Analyser l’état de santé de la population et mieux comprendre ce qui se passe tout au long de la vie », explique Marie Zins, médecin épidémiologiste et coordinatrice pour l’Inserm de la cohorte. Et selon ces premiers chiffres, près de 16 % de la population globale serait obèse.

Les hommes plus en surpoids que les femmes

Près d’un Français sur deux serait en excès de poids, avec unindice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25. l’obésité globale, définie par supérieur à 30, toucherait près de 16 % de la population. Au total, 56,8 % des hommes et 40,9 % des femmes de 30 à 60 ans sont en surpoids. Et dans le détail : parmi les hommes, 41 % d’entre eux ont un excès de poids et 15,8 % sont obèses. Les femmes s’avèrent en surpoids, c’est-à-dire dotés d’un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25 ; et 15,8 % des hommes et 15,6 % des femmes sont en situation d’obésité, soit un IMC de plus de 30.

La prévalence du surpoids et de l'obésité en France.La prévalence du surpoids et de l’obésité en France. – Inserm

 

Autre indicateur : l’obésité abdominale, définie par un tour de taille supérieur à 94 cm pour les hommes et à 80 cm pour les femmes, s’avère bien plus fréquente (entre 41,6 et 48,5 %). « Ces mesures pour déterminer l’obésité abdominale sont un peu strictes, mais ce qui est intéressant, c’est que cela nous offre un indicateur de plus pour mieux comprendre l’incidence du surpoids sur la santé », estime Marie Zins. En mai dernier, une étude démontrait que l’IMC lié à un plus faible risque de mortalité avait augmenté ces trente dernières années, passant de 23 à 27. En clair : un léger surpoids serait devenu bon pour la santé. « Davantage d’études démontrent que le surpoids est mauvais pour la santé », tranche l’épidémiologiste.

Géographie variable et inégalités sociales

Mais une fois que l’on a dit qu’un Français sur deux était en surpoids et que 16 % de la population est obèse, que fait-on de ces chiffres ? Faut-il s’alarmer ? « Il n’y a pas d’explosion de l’obésité en France, les chiffres sont assez stables depuis plusieurs années, rassure Marie Zins. Mais la prévalence du surpoids continue d’augmenter légèrement. D’où l’importance de continuer à collecter ces données au travers de la cohorte, et d’étudier l’évolution des proportions du surpoids et de l’obésité ».

D’autant que des précisions en fonction de l’âge et des revenus sont également présentées dans l’étude. Par ailleurs, les données recueillies permettent aussi d’identifier les régions, parmi les départements analysés, où la prévalence de l’obésité est la plus forte, et révèlent une géographie variable du surpoids. Si Paris est le département le moins touché par l’obésité, avec une prévalence de 10,7 %, le Nord (25,6 %) et la Meurthe et Moselle (22,9 %) sont les départements où la prévalence de l’obésité est la plus élevée.

La prévalence de l'obésité globale en France démontre des inégalités selon les régions.La prévalence de l’obésité globale en France démontre des inégalités selon les régions. – Santé publique France, BEH

 

« Toutes ces informations démontrent l’importance de la prévention, en commençant par s’adresser aux enfants dès le plus jeune âge, préconise le Dr Marie Zins. Le fait que les foyers aux revenus les plus modestes soient davantage touchés par l’obésité prouve que les inégalités sociales se doublent d’une inégalité en matière de santé. Il faut faciliter l’accès à une alimentation saine et promouvoir l’activité physique ».

Plus de la moitié des Européens en surpoids

Dans l’Union européenne, près d’une personne de plus de 18 ans sur six (15,9 %) est considérée comme obèse et plus de la moitié (51,6 %) est en surpoids, notait il y a quelques jours Eurosat, l’agence statistique de l’UE, qui souligne que cette proportion augmente avec l’âge et diminue avec le niveau d’éducation. La France fait légèrement mieux que la moyenne européenne, avec 15,3 % d’obèses, chez les hommes comme chez les femmes.

L’office européen des statistiques souligne aussi une corrélation claire avec le niveau d’éducation : alors que l’obésité concerne une personne sur cinq (19,9 %) parmi les personnes ayant un faible niveau d’éducation (collège ou moins), la proportion chute à 16 % chez celles ayant un niveau d’éducation moyen (lycée) et à 11,5 % chez celles avec un niveau d’éducation élevé (enseignement supérieur).